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Full text of "Jules Raymond Lame Fleury- La mythologie racontee aux enfants- La mythologie Greco-Romaine Partie 2- Jupiter"

LA 



MYTHOLOGIE 



RACONTÉE AUX ENFANTS 



J 'm: lame Ft] 



Ml LAME FLEUltY 



AOUVgLLË EDITION 



PARIS 

C. B0ABAN1, LIBRàJRK-ÊDtïEOR 

nue nvh sAiWTB-PtUB*, 9 

1S72 
GEORGE R- LOCKWOO» 



jnprrBR. 63 



JUPITER. 



\ Rhéa, craignant que Saturne ne dé- 
couvrît ce qu'étaient devenus les petits 
garçons qu'elle avait soustraits à sa vora- 
cité, les avait mis en nourrice chez de 
bonnes nymphes, qui habitaient le mont 
Ida dans l'île de Crète> Tune de celles 
de l'Archipel grec. Ces nymphes, qui 
étaient de sages et discrètes personnes, 
eurent grand soin de ces enfants, qu'une 
chèvre nommée àmalthée nourrit tous 
les trois de son lait ; et, comme ils pleu- 
raient fort souvent, elles inventèrent une 
espèce de danse dans laquelle elle frap- 
paient à coups redoublés sur des vases 
d'airain, afin d'empêcher par ce bruit 
étourdissant Saturne et Titan d'entendre 



64 JUPITER. 

les cris des trois marmots ; mais nous 
avons vu tout à l'heure que cette précau- 
tion devint entièrement inutile, puis- 
que ce dernier, ayant découvert la trom- 
perie, chassa Saturne du ciel, et Jupiter, 
Neptune et Pluton se virent réduits à 
chercher une autre retraite. 

Cependant, Jupiter étant devenu 
grand, s'empara de l'Olympe, et devint 
le maître du tonnerre ; il fit la guerre 
contre les fils de Titan, géants énormes 
qui avaient entassé l'une sur l'autre plu- 
sieurs montagnes pour escalader le ciel ; 
le jeune dieu les foudroya, et plusieurs 
de ces monstres furent engloutis sous les 
montagnes qu'ils avaient soulevées. Cette 
victoire fit d'autant plus d'honneur à 
Jupiter, que les autres dieux ses frères et 
sœurs, à l'approche des Titans, l'avaient 
abandonné pour se sauver en Egypte, 
où, pour ne pas être reconnus, ils avaient 
pris la forme de divers animaux, selon ce 
que racontaient les Grecs ; et il eut 
ainsi le mérite d'avoir sauvé seul l'em- 
pire céleste. 



JUPITER. 65 

Mais à peine la victoire eut-elle été 
assurée, que les dieux, oubliant leur 
frayeur, se hâtèrent de venir trouver le 
vainqueur dans l'Olympe, où ils lui fi* 
reot mille compliments de sa bravoure. 
Ces félicitations plurent à Jupiter, qui 
avait Fâme grande et généreuse, et pour 
montrer qu'il leur pardonnait de l'avoir 
abandonné dans le péril, dont, apfès 
tout, il s'était bien tiré sans leur secours, 
il prit pour femme sa sœur Junon, ce 
qui n'était pas sans exemple dans ce 
temps-là, et partagea l'empire du monde 
entre ses deux frères Neptune et Pluton. 
Au premier il donna l'empire de la mer, 
et au second celui des enfers à gouverner. 
Quant à lui, Jupiter ne se réserva pas la 
plus mauvaise part, car il se chargea de 
régir le ciel, dont il fit le séjour des 
dieux, et la terre, où il aimait à faire 
souvent de petites excursions sous la 
forme d'un simple mortel, ainsi que 
nous le verrons par la suite. 

Puisque je viens de parler de la foudre 
dont Jupiter frappa les Titans, il faut que 



• • 



66 JCHTOit. 

tous sachiez quels étaient les ouvriers 
qui fabriquaient eette arme terrible que 
tenait toujours la main droite de ce dieu* 
On les nommait les Cyclopes, et on les 
croyait fils de Neptune. Ces Cyclopes 
étaient des géants monstrueux, habiles 
forgerons, qui n'avaient qu'un œil au 
milieu du front ; on supposait que les 
ateliers de ces terribles ouvriers étaient 
placés dans les entrailles de la terre, et 
que les tourbillons de flammes et de fumée 
que vomissaient certains volcans étaient 
produits par les fourneaux de leurs for- 
ges. Je crois d'ailleurs vous avoir expliqué 
dans l'Histoire Grecque comment il faut 
entendre cette fable des Cyclopes, et je 
pense bien que vous ne l'avez point en-* 
core oublié. 

Jupiter, se trouvant ainsi le plus puis- 
tant des dieux, voulut avoir un échanson, 
c'est-à-dire un serviteur assez adroit pour 
lui verser le nectar, qui était la liqueur 
des dieux de l'Olympe. Un jour, du haut 
du ciel, il aperçut sur une montagne 
d'Asie un jeune garçon d'une rare beauté, 



JUPITER. 67 

nomme Gantmêde, qui était le fils d'un 
roi de Troie et se livrait au plaisir de 
la chasse. Aussitôt le dieu, prenant la 
forme d'un aigle, s'abattit sur cette mon- 
tagne, et enlevant Ganymède, le trans- 
porta dans TOlympe, où il en fit son 
échanson. Mais quelque temps après 
Ganymède s'étant mal acquitté de son 
emploi, Jupiter le plaça dans une con- 
stellation que l'on nomme encore à pré- 
sent le Verseau; H^bé, déesse de la 
jeunesse, fut chargée de remplir les 
mêmes fonctions à la table des dieux. 

Jupiter était représenté sous la figure 
d'un homme majestueux, à longue barbe, 
assis sur un trône et tenant d'une main 
la foudre, tandis que l'autre portait un 
sceptre, symbole de la toute-puissance 
(PI. VI, Fig. 11). A ses pieds on voyait 
un aigle, oiseau qui lui était consacré, 
comme le plus fort et le plus courageux 
des animaux de son espèce. Un grand 
nombre de temples lui étaient dédiés sous 
différents noms, dans les divers pays 
de l'Europe et de l'Asie. 



JUFJTEa. 

Vous vous souvenez sans cloute du 
temple d'Olympie, où Y on admirait cette 
célèbre statue de Jupiter, ouvrage du 
sculpteur Phidias, et de celui que Rq~ 
mal us lui éleva dans Rome, sous le 
nom de Iwiter Statua, c'est-à-dire 
qui arrêlej à l'occasion de cette bataille 
contre les Sa oins, dans laquelle il avait 
obtenu de ce dieu d'arrêter la fuite de 
ses soldats. 

C'était encore la même divinité/ que 
les Égyptiens adoraient sous le nom 
d'ÂHHOïf f dans ce temple fameux 
qu'Alexandre te Grand visita au milieu 
dos déserts de l'Afrique ; te dieu y était 
représenté" avec des cornes de bélier, 
parce que, disait- on, dans la guerre des 
dieux contre les Titans, il avait revêtu un 
moment la forme de cet animal ; mais il 
faut croire plutôt que ce Jupiter-Aramon 
n'était autre que le dieu Osiris des Ëgyp- 
liens, dont, comme je vous le disais il 
ti 1 y a pas longtemps, la tête était quel- 
quefois surmontée de cette coiffure, sym- 
bole de la force et du courage. 



JUPITER. 69 

Il me serait impossible, mes enfants, 
de vous rappeler ici tous les autres tem- 
ples et tous les surnoms de ce dieu cé- 
lèbre; mais je ne dois pas oublier de 
vous dire que ses prêtres, nommés Cory- 
bahtes ou Dactyles, dans les cérémonies 
du culte qu'ils lui rendaient, imitaient 
la danse bruyante que les nymphes du 
mont Ida avaient inventée pour dérober à 
Titan les cris de Jupiter et de ses frères* 

Telle était la puissance de ce dieu, que 
les anciens appelaient le père des dieux 
et des hommes, qu'il lui suffisait de 
froncer le sourcil pour faire trembler 
l'Olympe, et que, . lorsqu'il éternuait, le 
monde entier était ébranlé jusque dans 
ses fondements. 

Cette divinité suprême, sujette à s'en- 
rhumer comme vous et moi, va vous sem- 
bler sans doute fort extraordinaire ; mais 
je vous ai averti que la mythologie n'é- 
tait qu'un tissu de fables ingénieuses, 
dont vous comprendrez mieux le sens 
caché, lorsque vous serez plus avancés 
dans vos études .1